L’agroalimentaire nous mangera tout cru
29 août 2007
Depuis quelques années, l’agro-alimentaire mise sur une nouvelle stratégie pour attirer les foules: la santé. Ca fait très tendance comme disent les marketeux. On y va pour du bio, du bifidus actif, des produits allégés, plus de fibres et de vitamines, plus de fruits, de l’Oméga 3 à gogo… Danone est sans doute le précurseur a vouloir faire de la santé un argument de vente. On suivi des yaourts améliorant le transit intestinal (rappelez-vous: « ce qui se fait à l’intérieur se voit à l’extérieur »), les laitages sans lactose (toute la gamme Alpro, Lactime) et plus récemment ce rush publicitaire pour les smothies. La population est instruite et sensible à une bonne hygiène alimentaire. Dans les sondages, les fruits et les légumes sont perçus comme sains et bons pour le corps.
Une autre cible du marketing c’est de viser le côté pratique. Le fromage en bloc se retrouve coupé en tranches, râpé et même en petits cubes et assaisonnés pour l’apéro. On trouve de plus en plus d’aliments en bouteille (sauce, miel, beurre). Le célibataire est une proie idéal. Généralement, il se soucie peu de l’aspect nutritionnel, la fraîcheur des ingrédients, l’origine et les labels de qualité. Tout le contraire d’un fin cuisinier, il privilégie la rapidité de préparation et la facilité.
Le commerce équitable (fairtrade) ne semble pas échapper au monstre de l’industrie agroalimentaire. Jouer la carte de l’éthique ajoute de la valeur à la marque. Ce soucis moral est très développé chez les scandinaves alors qu’il reste encore très anecdotique chez nous. Comme le souligne l’experte Céline Gallen: « Les consommateurs ne veulent plus voir leur plaisir gâché par des remords quant au manque d’éthique de leurs produits. Ils veulent donner du sens à leur consommation ». Mais ces partisans du bio et de l’éthique ne sont pas des consommateurs lambda. Ce sont des gastronomes, amateurs des produits du terroir, des écologistes ou des consommateurs solidaires.
La publicité qui me désole certainement le plus c’est le slogan de Come a casa: « Vous ratez tant de chose à rester en cuisine ». Ben voyons !
Il faudrait remplir ses armoires de préparations prêtes à l’emploi pour soi disant se libérer d’une tâche ingrate. De cette manière, nous devrions confier notre santé aux industriels au risque de manger toujours les mêmes plats à réchauffer. Culpabiliser les gens sur le temps « bêtement » perdu n’est pas une technique nouvelle. Déjà en 1973, Mouseline diffusait un spot télé: « Pour que les mamans aient plus de temps pour jouer avec leurs enfants ».
Tags : agroalimentaire, industrie, marque, surconsommation
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