Archives de la catégorie ‘Critique’
MasterChef: « si tu pleures, je pleure »
3 octobre 2010
Quand on s’intéresse à la cuisine, on finit toujours par trouver des amis pour s’enthousiasmer à propos des émissions de « divertissement ». A priori, je n’aime pas trop ce genre de spectacle car c’est souvent décevant. Je voulais tout de même avoir un avis personnel sur cette énième émission de reality show.
Je ne vais pas aller par quatre chemins: c’est pitoyable (histoire de rester poli). J’ai regardé toute l’émission du jeudi 30 septembre en différé sur le net. Comme bien souvent, j’en veux à la production mais j’en veux aussi et surtout aux téléspectateurs qui en font un point de rendez-vous sacré. Je suis bien conscient qu’il s’agit ici d’un programme classé dans le divertissement. Ils ne sont pas là pour mettre la gastronomie à l’honneur mais pour assurer un spectacle. J’imagine qu’en post-production ça doit cutter pour ne garder que les moments forts en émission, les gourdes de certains et autres humiliations.

Je me demande si le téléspectateur est capable de re-contextualiser pour ne pas tomber dans le jeu pervers de la chaîne. Pour rappel, ce sont des volontaires tous passionnés par la cuisine. Passionnés mais aucun ne doit avoir suivi une formation ou avoir travaillé dans le domaine. Ce ne serait pas équitable, mais surtout ça ne serait pas marrant si on ne pouvait pas les humilier et se foutre de leur gueule. En face, le jury est composé d’un chef étoilé, un critique culinaire et un cuisinier avec 30 ans de métier. Voilà donc les deux extrémités: des hommes de métier face à des débutants. Le jury n’a pas pour mission de guider ces brebis mais de les mitrailler à la grosse bertha au moindre faux pas. Évidemment, servir 300 personnes dans un temps record ça ne s’improvise pas. Même avec toute la meilleure volonté du monde, on ne peut pas faire de miracle. Ce soit disant défi n’est autre qu’un traquenard pour les amener vers une mort certaine. Au final, ils se persuadent eux-mêmes d’être des gros nuls plutôt que de remettre en question la difficulté des épreuves. Cuisiner ça ne s’improvise pas !
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les règles du jeu. Je trouve l’image de l’arène intéressante. Les joueurs doivent décider de jeter un des leurs aux lions. Tout comme la nature décide naturellement de se débarrasser des plus faibles, ici chacun est obligé de se débarrasser d’un compagnon d’aventures. En toute subjectivité évidemment. Il y a toujours une bonne ou une mauvaise raison pour se défaire de quelqu’un. Après ce choix pénible, les juges d’un soir deviennent spectateurs. Tout est mis en scène pour assister au massacre de la bête. Après le châtiment sur la place publique, le jury doit se défaire d’un de ses poulains. Après la critique sans retenue et le mépris caractérisé, chaque participant sortant à droit à sa minute de gloire. Le masterchef évincé devient alors la perle rare promis à un bel avenir en cuisine: « vous avez de l’or dans les mains ».

Ceci dit, j’ai peine à croire que toutes ces personnes se laissent berner si facilement sans broncher. Je ne crois pas un instant à de la spontanéité. À mon sens, ils sont tous acteurs. Des comédiens prêts à se rabaisser et s’auto-flageller pour encaisser un hypothétique chèque à 5 chiffres. Elle est belle la télé. Et on appelle ça du divertissement.
Tags : émission, masterchef, reality show, tf1
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Jean-Pierre Coffe retourne sa veste
14 avril 2010
Depuis quelques temps, je suivais les émissions radio « Ça ne se bouffe pas, ça se mange » jusqu’au jour où la direction décide d’arrêter l’émission [¹]. J’ai également acheté quelques bouquins du bonhomme. J’aime assez bien son franc parler même si parfois il y va fort et n’hésite pas à tomber dans la caricature.

Lors d’une rencontre à un salon, Coffe disait mettre un point d’honneur au produit. Avant de savoir cuisiner, l’essentiel est de choisir des bons produits. Il a toujours milité pour des denrées saines et de préférence issus du monde artisanal et de proximité. Régulièrement, il jetait son venin sur les grandes marques, la grande distribution en critiquant sans retenue leurs produits de merde. Il s’est battu toute sa vie pour dénoncer la malbouffe et les travers de nos sociétés capitalistes. Voilà qu’il retourne majestueusement sa veste.

Pour beaucoup c’est l’incompréhension suivi d’une profonde déception. Alors les suppositions vont bon train. Même les grandes pointures du cinéma français [²] n’y vont pas par quatre chemins pour dénoncer sa trahison. Pourtant, depuis son éviction chez France Inter, il avait prétendu pouvoir vivre sans soucis d’argent jusqu’à la fin de ses jours.

Capture JeanpierreCoffe.com
Face au mouvement de grogne, Jean-Pierre Coffe tente une explication hasardeuse qui ne tient pas la route: « améliorer la qualité ». Difficile à défendre face à une enseigne dont la politique repose sur les prix planchers. Faire la promotion du hard discount pour un homme comme lui, c’est de l’humiliation. On se dit qu’il doit être tombé bien bas pour abaisser son froc de cette manière.
Et l’homme ne fait pas les choses à moitié. Au-delà des affiches, des spots radio, Coffe anime une webtv. Des recettes basiques sont prétexte pour mettre en avant des produits de la marque. À l’écouter, on s’ennuie. On ne reconnait plus l’homme. Son discours est complètement lissé et aux ordres de la marque. Aussi, il fait peine à voir. Le gaillard à la grande gueule n’est plus tout jeune. Les gros plans ne font qu’accentuer les tremblements de ses mains. Pauvre homme. Pourquoi se donne-t-il autant de mal ?

Capture Monleaderprice.fr/tv/
[¹] À lire: « Jean-Pierre Coffe viré ! »
[²] « Gerard Depardieu se livre »
Tags : coffe, distribution, jean-pierre, leader price
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Côte d’Or, chocalat belge ?
7 novembre 2009
La Deux vient de diffuser un reportage sur le fameux chocolat belge reconnaissable à son logo emblématique. On a tous goûté, un jour ou l’autre, aux mignonnettes, au chocolat au lait ou aux indémodables chocotoffs. Dans le documentaire, l’ex-PDG défend la nécessité de s’étendre grâce au soutien du groupe Jacobs Suchard en 1987. Le témoignage d’un ancien travailleur met plutôt l’accent sur la vision purement économiste du groupe. Pendant ce temps, la population témoigne sa tristesse de voir partir cette fierté nationale aux mains des Suisses. La restructuration fera 174 licenciements au total.

Aujourd’hui, le chocolat Côte d’Or est aux mains du groupe américain Kraft Foods (au point où on en est). En 1990, un investissement important permet la création d’usines afin de produire le chocolat en Belgique (à Hal). Même si la production n’a cessé d’augmenter, aucun nouvel emploi n’a été créé. À l’étranger, Côte d’Or est considéré comme le chocolat belge par excellence. Les exigences qualitatives du chocolat ne semblent pas avoir changées. Malgré la réglementation européenne, la marque privilégie toujours le beurre de cacao à la graisse végétale.
Au final, l’image que je retiens c’est celui du petit poisson qui se fait manger par le plus gros, lui-même avalé par un plus gros et ainsi de suite. Je trouve dommage que des petites entreprises artisanales de haute qualité se sentent obliger d’agrandir leur activité. On le voit bien avec ce reportage, céder à un grand groupe c’est vendre son âme en enfer. Les valeurs sont toutes différentes. On parle plus de qualité du produit, du savoir-faire mais de rentabilité. Et quand on vous parle de « réduire les coûts », il faut comprendre: virer des gens, faire appel à de la sous-traitance, délocaliser, dégrader la qualité du produit…
Tags : chocolat, côte d'or, kraft, suchar
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Forward: « le cochon volant »
18 août 2009
Je reçois un email forwardé dont le titre est: « le cochon volant ». Comme toujours, courriel impersonnel dont on n’a pas pris la précaution de cacher les différents destinataires. Soit. Le message est très enthousiaste et tente, preuve à l’appui, de nous révéler une absurdité écologique en matière d’élevage. A priori, je suis extrêmement suspect sur ce genre de message.

En fichier attaché, cette étiquette de viande hachée maigre. Le plus étonnant ne se trouve pas dans le prix mais dans les destinations. Le port serait né au Canada, élevé en Australie et abattu en Belgique. L’auteur joint également une illustration d’une map monde et dessine le trajet. C’est sûr, ça fait loin. Tellement loin que le doute devrait s’installer. Mais c’est vrai, avec la mondialisation on voit tout et n’importe quoi alors pourquoi pas.
Première démarche, me rendre dans un AD Delhaize pour constater les faits. La viande est existe bel et bien mais tout est estampillé en Belgique. Aucune destination farfelue. Le chef de rayon me confirme que tout est normal. Je contacte ensuite la direction et leur envoi la photo de l’étiquette. En réalité, il s’agit bêtement d’une erreur technique d’impression…
L’étiquette contenait des informations de traçabilité complètement erronées. La viande de ce produit provient bien de porcs nés et élevés en Belgique. En effet, toute notre viande de porc est d’origine belge à 99% (comme 100% du lait à notre marque, 90% de notre viande de boeuf etc.). Suite à une intervention de maintenance de la balance, la transmission de données entre la balance et l’imprimante ne s’est pas passée correctement. L’étiquette contenait donc des informations non correctes, mais l’erreur a été rectifiée aussitôt.
Katrien Verbeke — Delhaize
Il y a bien eu une erreur à la base. Une simple demande du principal intéressé (société Delhaize) aurait permis de mettre les choses au clair. A la place, une surenchère alarmiste pour créer un brouhaha inutile et remplir encore un peu plus nos boîtes mail.
Tags : cochon, delhaize, forward
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Soirée Tupperware
16 juillet 2009
Vendredi, j’ai été invité à assister à ma première soirée Tupperware. Autant le dire tout de suite, je suis un combattant farouche contre ce système. Néanmoins, je suis un grand curieux et il est plus convenable de critiqué quand on a vu de ses propres yeux vu de quoi il s’agissait.
Nous avions rendez-vous à 19h30 chez un ami. Thierry avait invité une dizaine de personnes tout aussi intriguées ou véritables adeptes du « je mets tout sous plastique ». La démonstratrice, Bérénice, était arrivée avant l’heure pour installer son matériel et préparer le poste de travail. Beaucoup de désistement et de retard mais il parait que c’est normal. Après une demi heure d’attente, les choses sérieuses commencent.
Bérénice se présente et nous invite à participer à un petite jeu de devinette qui a pour thème les fruits et légumes. Un préambule afin de nous mettre à l’aise et de sympathiser avec nos voisines. Eh oui, il y a une grosse majorité de femmes. On croirait presque que les hommes sont timides à venir. Réponses au quiz gourmand et cadeau pour tous les participants. Je me retrouve avec un ustensile pour faire des guirlandes de concombre. Je l’avais déjà vu au foires mais sans jamais essayé. Me voilà équipé pour faire des banquets royaux.
Ensuite, Bérénice nous fait une démonstration express d’un florilège d’ustensiles tous plus utiles les uns que les autres. Phase importante qui permet à chacun de rechercher ce qui lui manque. D’ailleurs, ça marche tellement bien que je demande à voir le pinceau en silicone pour remplacer celui qu’on m’a piqué. Le moule à muffin me plaît bien aussi, ça fait longtemps que je l’attendais. Et puis le batteur à oeuf est impressionnant mais est-ce que j’en ferais bon usage. Bref, c’est là que ça commence à cogiter et tous le monde surenchérit pour vanter tel ou tel ustensiles.
Viens le moment de passer à l’action. Deux volontaires pour faire les deux desserts: une bombe au chocolat à la crème anglaise et une mousse de spéculoos. Mmmm… là on me prend par les sentiments. Moment idéal pour essayer tous ces gadgets et se rendre compte du côté pratique, design et surtout indispensable à toute nana pressée et adepte de la cuisine micro-ondes. Tout ça dans un brouhaha énorme où chacun échange, s’amuse, découvre en oubliant presque la démonstratrice.
La bombe au chocolat et sa crème anglaise sont cuites en moins de 7 minutes. C’est bon, mais sans plus. L’essentiel n’est évidemment pas le résultat. Tout le monde se félicite pendant que certaines se mettent à la plonge. On rempile tous le matériel dans deux énormes valises. Ce n’est pas la première démo de Bérénice. Elle fait ça en complément d’un boulot mal payé. Ça permet de payer la nouvelle voiture et l’appartement. Vient ensuite le terrible moment de passer commande. Les cuisinières d’un jour sont rivées dans leur catalogue. Beaucoup de commande. Un malaise s’installe quand je choisis de passer à côté de ces inventions à la belge. Comme si j’étais ingrat devant tant d’effort. Eh oui, c’est ça la vente à domicile. En attendant, j’ai rencontré des filles mignonnes et je suis reparti avec mon bidule à concombre.
Tags : tupperware, ustensile, vidéo
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