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Produits discounts, la bonne affaire ?
18 janvier 2009
Les grandes enseignes des supermarchés ont compris depuis longtemps que pour répondre à une demande variée, il est nécessaire de proposer des alternatives. La plupart proposent trois types de produits: les produits de marque, les produits du distributeur et les premiers produits, appelés jadis les « produits blancs »: 365 de Delhaize, n°1 de Carrefour, Everyday de Colruyt. Ces produits économiques sont une réponse face à la concurrence féroce des grands discounters comme Aldi et Lidl dont la politique se concentre sur des prix plancher.

La question est de savoir ce qui fait la différence de prix. Ce qui saute rapidement aux yeux, les frais se font sur le lieu de distribution assez sommaire, les présentoirs, le décor, l’absence de publicité, le placement de produit… Des économies sont faites sur le packaging (emballage simple) et de larges bandes de code pour facilité le scanning aux caisses. Aucune marque n’est présente. À l’exception du folder diffusé dans le toute-boite, il n’y aucune publicité. Tous ces éléments sont-ils suffisants pour justifier des prix les plus bas ? Le raccourci est vite fait d’associer le prix à la qualité nutritionnelle. Certains reportages tentent d’établir une corrélation entre les deux (cf. l’émission Questions à la Une sur la RTBF). Aussi, les étiquettes et la présence chronique des acides gras trans vont dans le même sens.
Les acides gras Trans ont un effet négatif sur le cholestérol et les maladies cardiovasculaires (augmentation du risque de maladies cardiaques et vasculaires). Il est donc conseillé de limiter la consommation d’acides gras Trans au strict minimum.
Crioc
Heureusement pour la clientèle, certains produits discounts sont de qualité équivalente, voire supérieure, aux autres. Consultez les tests comparatifs des associations de défense des consommateurs pour vous tenir informé.
J’entends souvent des amis dire qu’ils choisissent les discounters car ils sont moins chers et tout aussi bons. Mais quand ils disent bons, leur jugement porte sur le goût en bouche. De fait, c’est assez réducteur et insuffisant pour savoir si ces produits sont bons de manière générale. Je rappelle que l’industrie de l’agro-alimentaire requiert à une batterie de techniques pour camoufler des défauts organoleptiques (visuel, texture, goût, odeur). Nos sens ne suffisent plus à juger de la qualité d’un produit.
L’analyse de l’étiquette et de ses ingrédients est un bon début même si les étiquettes ne sont pas toujours complètes et le décryptage peu évident pour le quidam. Il faut donc apprendre à se familiariser avec le jargon nutritionnel. Cela vient petit à petit pour autant qu’on s’en donne la peine. Nous avons également le devoir de réagir auprès des associations des consommateurs. Le Crioc (Centre de recherche et d’information des organisations des consommateurs) publie régulièrement des analyses de décryptage: « Premier prix et qualité ». Au mieux, le Guide des aliments de Jean-Michel Cohen est une bonne référence pour s’y retrouver.
Tags : discount, enseigne, marque, supermarché
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L’agroalimentaire nous mangera tout cru
29 août 2007
Depuis quelques années, l’agro-alimentaire mise sur une nouvelle stratégie pour attirer les foules: la santé. Ca fait très tendance comme disent les marketeux. On y va pour du bio, du bifidus actif, des produits allégés, plus de fibres et de vitamines, plus de fruits, de l’Oméga 3 à gogo… Danone est sans doute le précurseur a vouloir faire de la santé un argument de vente. On suivi des yaourts améliorant le transit intestinal (rappelez-vous: « ce qui se fait à l’intérieur se voit à l’extérieur »), les laitages sans lactose (toute la gamme Alpro, Lactime) et plus récemment ce rush publicitaire pour les smothies. La population est instruite et sensible à une bonne hygiène alimentaire. Dans les sondages, les fruits et les légumes sont perçus comme sains et bons pour le corps.
Une autre cible du marketing c’est de viser le côté pratique. Le fromage en bloc se retrouve coupé en tranches, râpé et même en petits cubes et assaisonnés pour l’apéro. On trouve de plus en plus d’aliments en bouteille (sauce, miel, beurre). Le célibataire est une proie idéal. Généralement, il se soucie peu de l’aspect nutritionnel, la fraîcheur des ingrédients, l’origine et les labels de qualité. Tout le contraire d’un fin cuisinier, il privilégie la rapidité de préparation et la facilité.
Le commerce équitable (fairtrade) ne semble pas échapper au monstre de l’industrie agroalimentaire. Jouer la carte de l’éthique ajoute de la valeur à la marque. Ce soucis moral est très développé chez les scandinaves alors qu’il reste encore très anecdotique chez nous. Comme le souligne l’experte Céline Gallen: « Les consommateurs ne veulent plus voir leur plaisir gâché par des remords quant au manque d’éthique de leurs produits. Ils veulent donner du sens à leur consommation ». Mais ces partisans du bio et de l’éthique ne sont pas des consommateurs lambda. Ce sont des gastronomes, amateurs des produits du terroir, des écologistes ou des consommateurs solidaires.
La publicité qui me désole certainement le plus c’est le slogan de Come a casa: « Vous ratez tant de chose à rester en cuisine ». Ben voyons !
Il faudrait remplir ses armoires de préparations prêtes à l’emploi pour soi disant se libérer d’une tâche ingrate. De cette manière, nous devrions confier notre santé aux industriels au risque de manger toujours les mêmes plats à réchauffer. Culpabiliser les gens sur le temps « bêtement » perdu n’est pas une technique nouvelle. Déjà en 1973, Mouseline diffusait un spot télé: « Pour que les mamans aient plus de temps pour jouer avec leurs enfants ».
Tags : agroalimentaire, industrie, marque, surconsommation
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