Articles tagués ‘obésité’
La semaine de la frite
5 décembre 2009
Notre ministre wallon de l’agriculture nous flanque une « semaine de la frite ». Une idée pas vraiment originale puisque nos amis Flamands y avaient déjà pensé avant. Demain se terminera la première édition. Faut-il s’en réjouir ?
J’ai cru d’abord qu’il s’agissait d’une blague mais c’est tout ce qu’il y a de plus sérieux. Il y a même un superbe site consacré pour l’occasion. On peut y lire « Les friteries de chez nous, un savoir-faire qui change tout ». On en saura pas plus sur ce fameux savoir faire, pas un seul mot sur le tubercule et encore moins sur les critères d’attribution du label offert à certaines friteries. Par contre, on a droit à une reprise de la chanson « mangez-moi » à la sauce maternelle. Il ne manque plus que St-Nicolas. À se demander si cette opération à une véritable légitimité.

Capture d’écran: www.semainedelafrite.be
Mais pourquoi diable faire une « semaine » de la frite pour un produit aussi gras ? Si M. Lutgen prenait la peine de regarder sa pyramide alimentaire, il verrait que les bains d’huile et les sauces se situent tout en haut. C’est de loin le bon aliment à valoriser d’un point de vue nutritif (j’ose espérer qu’il s’intéresse aussi à cet aspect des choses). Mais l’absurde ne s’arrête pas là. Le gagnant du concours, mis en place sur le site, recevra une année de frites gratuites et des entrées à Walibi. Je suis impressionné par l’audace et l’irresponsabilité. Est-il au courant de cette pandémie mondiale galopante (dixit l’OMS) que représente l’obésité ? Il faut croire que ça ne l’intéresse pas pour le coup.
Tags : frite, graisse, lutgen, obésité
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Xenical, pilule anit-obésité
8 février 2009
L’industrie pharmaceutique regorge d’idées pour mettre au point le énième produit révolutionnaire contre les kilos superflus. Tout est bon pour convaincre ces hommes, et surtout ces femmes, à en finir avec la cellulite et les bourrelets disgracieux. Et quoi qu’on en dise, il n’existe pas de pilule miracle. Et c’est tant mieux ! On ne peut pas résoudre un problème aussi complexe que le surpoids ou l’obésité en gobant une petite gélule. Quand bien même il aurait un effet visible, l’arrêt du médicament provoque inévitablement une reprise de poids, souvent plus importante. Il est plus intéressant d’avoir une réflexion sur ses habitudes alimentaires et déterminer ses faiblesses avec l’aide d’un spécialiste.
Malgré ces précautions bien sages, il y aura toujours des gens pour espérer maigrir rapidement, sans rien faire, ou mieux encore, en mangeant à volonté ! Le cas le plus connu est celui du Xénical. Accessible sur ordonnance, il empêche les lipides de pénétrer dans le tube digestif. Tout n’est pas aussi rose qu’on veut le faire croire. Premièrement, le traitement est réservé aux personnes fortes (IMC > 28). Aussi, il doit être accompagné d’un régime alimentaire. Plus délicat, il occasionne des effets secondaires désagréables: crampes intestinales, diarrhées intempestives, incontinence fécale, maux de tête.
D’un point de vue commercial, le Xénical est en fin de vie. Il souffre également d’une mauvaise image en raison des critiques acides et de la forte suspicion de ses performances par les experts de la santé. L’industrie pharmaceutique lui a donc donné une deuxième jeunesse. On garde le même produit, la même firme (GSK) mais on change de nom (Alli) et de conditionnement (60 g au lieu de 120 g). La perte de poids (régime + traitement) est évaluée à 4,4 kg sur 6 mois en moyenne.
Déjà en vente libre aux États-Unis, Alli est un succès commercial. Il fera son apparition sur le marché belge et français à partir de mai 2009. Il sera accessible sans ordonnance en pharmacie. Le risque de ce « médicament » est d’attirer des personnes avec seulement quelques kilos en trop. L’autre dérive se situe au niveau de la posologie; les doses sont multipliées par manque de résultat. En principe, le pharmacien devrait jouer son rôle préventif et refuser la vente du produit si nécessaire (il en va de sa responsabilité).
Source: À la carte, « Pilule minceur » – France3.
À voir également « La minceur en ligne de mire » d’Envoyé Spécial.
Tags : maigrir, medicament, minceur, obésité, réductil, xenical
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Céréales du petit-déjeuner trop gras !
9 octobre 2008
Dans son dernier numéro, Test achats aborde le thème des céréales du petit-déjeuner à destination des enfants. Selon un échantillon, il ressort un surplus important de sucres, de graisses, de sel et des variantes en ce qui concerne les fibres. L’enquête observe également une grosse différence entre les prix des marques (Kellogg’s, Nestlé) et les marques des grandes surfaces. Pour ce qui est du marketing, un véritable arsenal est déployé pour harponner les mouflets.
On peut se sentir mal à l’aise face aux méthodes en tant que consommateur. Mais dès qu’on se place du point de vue marketing, les responsables sont parfaitement cohérents dans leur fonction. L’objectif final est de générer des bénéfices par la vente. Pour y arriver, il faut séduire les enfants prescripteurs auprès des parents. De nombreux spots attrayants et ludiques diffusés aux heures sensibles (7h, 16h). Une fois en magasin, un packaging accrocheur pour l’enfant et quelques allégations alimentaires à destination des parents pour leur donner le sentiment de « nourrir » plutôt que de le goinfrer de sucres.

Ce qui me dérange dans ce modèle publicitaire, c’est l’absence de moral où il n’y a pratiquement aucune considération pour la personne. On se fout pas mal du consommateur, du moment qu’il con-somme. Quand on sait à quel point les gosses sont influencés par la publicité, je suis inquiet de l’avenir de enfants complètement absorbés par les marques. Heureusement, certaines écoles tentent d’intégrer une hygiène alimentaire saine et équilibrée. Est-ce suffisant face au rouleau compresseur de l’agro-alimentaire ?
À noter que je trouve l’appellation amusante. On parle de « céréales » pour traiter de produits riches en sucres, pauvres en fibres et noyés dans une tornade marketing. Les céréales pour moi, c’est plutôt les plantes, les graines, la farine, les moulins, la méthode artisanale…
Tags : allégation, obésité, publicité, surconsommation
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Faire passer l’obésité comme maladie
20 juillet 2008
L’industrie pharmaceutique planche depuis longtemps sur le sujet afin de démontrer que l’obésité n’est pas le résultat d’un comportement individuel mais la conséquence de symptômes. Accepter de dire que l’obésité est une maladie, c’est ouvrir les portes à la médicalisation. Votre médecin ne vous dira plus de faire du sport et de manger des ingrédients pauvres en calories mais vous donnera une ordonnance. Une pilule à avaler tous les jours pour contrer la masse graisseuse, voilà qui devrait séduire les 30 % d’obèses aux États-Unis.
Si ce marché est juteux pour l’industrie pharmaceutique, faut-il encore que cela fonctionne. Quoique… c’est un peu comme les shampoing anti-pelliculaire: pour fidéliser le client, la marque a plutôt intérêt à agir dans le très court terme. Autrement dit, dès que le client arrête le traitement, il reprend les kilos perdus et davantage à cause d’une modification de son comportement alimentaire déculpabilisé.
Ceci dit, ce sont des secteurs divers et variés qui trinquent sur le dos des gros: industrie agroalimentaire, restauration, diététicien, nutritionniste, coach individuel, salles de sport, centres de remise en forme, crème amincissante et cie… Tout le monde profite et on dépasse largement ce que pourrait rapporter une pilule miracle amincissante.
Tags : obésité, surconsommation
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Bigness, le business des grandes tailles
19 juillet 2008
Dans les années 60, on demande à un homme d’affaires de dynamiser les recettes d’une chaîne de cinéma américain. La principale recette n’est pas la vente de ticket mais la vente de consommables avant et après les séances: sodas, pop-corn… Le cinéma est vu comme un produit d’appel à la consommation de toutes ces saloperies. Malgré les efforts de Wallerstein, les bénéfices stagnaient. Selon lui, le client voulait consommer plus sans oser le demander. Comme si une gêne se présentait à lui. La solution était alors enfantine: augmenter la taille des portions.
Après quelques calculs de base, Wallerstein avait mis en évidence le faible coût de production des grandes taille. Il était en mesure de proposer des formats plus grands sensiblement plus chers que les tailles normales. L’intuition était la bonne et très vite la vente des portions extra-large dépassait celle des portions traditionnelles.
Cette notion de bigness ne se retrouve pas seulement dans les fast-food mais aussi dans la grande distribution. L’augmentation de la taille des sachets a un effet surnois sur le comportement des consommateurs. Des études montrent clairement que la consommation s’accroit en fonction de la capacité du contenant. Autrement dit, on étale plus de choco sur ses tartines avec un pot d’un kg qu’avec un pot de 250 g.
Tags : bigness, obésité, surconsommation
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