Articles tagués ‘surconsommation’
Fast food ou food porno
10 avril 2009
Connaissez-vous Padma Lakshmi ? Moi non plus à vrai dire. Selon Wikipédia, Padma est comédienne, modèle, auteur de plusieurs ouvrages sur la cuisine et invitée de l’émission de télé-réalité « Top Chef ». À titre tout à fait facultatif, c’est une superbe femme. Rendez-vous sur son site web avec une mise en valeur de la photographie, une musique douce, beaucoup de grâce, de la finesse.
Prenez cette même personne et donnez-lui comme publicitaire un fast-food américain. Fini la délicatesse, on fait dans le purement suggestif. Et vas-y que je te lèche ce gros hamburger dégoulinant et vas y que j’en mets plein partout et surtout… j’aime ça. Voilà le contraste entre ce machin énorme responsable d’une bonne partie de l’obésité aux États-Unis et un modèle filiforme simulant un extase total dans la dégustation d’un hamburger. Vidéo pour ce Western Bacon Thickburger.
Tags : fast food, publicité, surconsommation, vidéo
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Smoothie
2 avril 2009
Voilà encore un mot bien américain. Smooth est un adjectif qui signifie « onctueux ». En réalité, un smoothie est une marque de commerce – utilisé souvent comme un nom commun – pour désigner une boisson froide à base de fruits frais et de jus de fruits. Par extension, il existe des versions à base de yahourt ou du lait, le tout mélangé ou non avec de la glace pilée.
Pour le moment, il n’y a aucune réglementation sur l’appellation ce qui donne une interprétation fort large du concept. Tout bénéfice pour les industriels qui profitent de cet effet de mode et cette large liberté d’interprétation. Les grosses marques se sont déjà lancé dans cet effet de mode: Danone, Tropicana (Pepsi), Innocent, Häagen-Dazs, Knorr, Yoplait… Il ne manque plus que Coca [1] et RedBull dans la danse. Enfin bon… tant que ça marche, ils auraient tort de s’en priver.
Cela fait déjà quelques années qu’ils existent mais ce n’est que récemment que les industriels ont commencé à le mettre en avant. Et c’est vrai qu’ils ont de quoi séduire. Alors que le PNNS nous rabote les oreilles avec ses 5 fruits/légumes par jour (il parait qu’à la base c’était 10 mais trop loin de la réalité de consommation), le smoothie apparait comme le garant de notre bonne santé. Ça vous rappelle pas ces tonnes de laitage dont on nous dit qu’ils sont indispensables pour notre transit intestinal, ou subviennent à X % de nos besoins en calcium. Sauf que voilà… les nutritionnistes sont d’accord pour dire que rien ne remplace des fruits frais « à croquer »: plus de fibre, plus de vitamines, plus rassasiant, etc.
Cette boisson fruitée est souvent distribuée dans des petites bouteilles facile à prendre au boulot, à boire au matin, à donner aux enfants… En plus du message nutritionnel et de son aspect pratique, le smothie se boit facilement sans aucun scrupules. Après tout, c’est bon pour notre santé. Il y a même des petites échoppes, toujours pleines à craquer, qui confectionnent ces mélanges à la minute avec des fruits « frais ».
Ne vous laissez pas berner par le gouffre de la consommation. Le message nutritionnel est à relativiser, le prix de ces petites bouteilles est souvent excessif, sans parler des déchets occasionnés. Préférez des cocktails de fruits faits maison plutôt que de servir de vache à lait à l’industrie de l’agro-alimentaire.
- 1 banane en morceaux
- 2 kiwis en morceaux
- 150 g de framboise
- 1 yaourt nature de type velouté
- glace pilée (8 glaçons)
Mixer tous les ingrédients au blender pendant quelques secondes jusqu’à l’obtention d’une boisson mousseuse. Verser dans un grand verre et déguster à la paille.
À lire ailleurs: « Le smoothie, ce fruit mixé qui a la pêche »
[1] C’est chose faite ! Coca-Cola a annoncé officiellement sa participation et son investissement de 33 millions d’euros dans la marque Innocent.
Tags : fruit, smoothie, surconsommation
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Cyril Lignac, pur produit marketing
15 février 2009
Autant le dire avant de commencer, je n’aime pas le personnage. Il a un style qui ne me va pas. Ça doit être son air prétentieux et rempli d’orgueil. Le genre de gars qui aime se mettre en avant et prétend tout connaître, tout faire mieux que les autres. Mon sentiment négatif s’est amplifié depuis une interview parue dans le Télé 7 jours en 2007 (découvert sur Culino Tests):
Lui et moi nous n’avons rien en commun ! Il n’est pas chef cuisinier, c’est un jeune qui fait la tambouille, c’est tout. Il a créé sa propre marque de sauces et condiments. Moi j’ai seulement accepté d’imaginer des recettes pour une marque de poissons surgelés et pour le « fromage des gastronomes en culottes courtes ». Nous n’avons pas la même culture culinaire. Moi j’ai été formé chez les grands chefs français. Allez manger cher lui, venez ensuite chez moi, et vous verrez la différence ! Je n’ai rien contre lui mais je ne suis pas le Jamie Oliver français.
Télé 7 jours – 3 novembre 2007
Il n’est jamais bon de rabaisser les autres et faire fi des évidences. Sans doute que Lignac en a pris de la graine puisqu’un an plus tard, son discours était plus modéré. On lisait dans le Télé 7 jours en 2008:
Je suis flatté de la comparaison, Jamie est un type brillant. Il est vrai qu’au départ, Oui Chef ! est une adaptation de son émission Jamie’s Kitchen. Mais la ressemblance s’arrête là.
Télé 7 jours – 20 novembre 2008
Certains ont longtemps cassé du sucre sur le dos de Lignac pour avoir grossièrement copié le concept télé de Jamie Oliver. En réalité, le concept est sans doute né dans la tête d’un créatif de la boîte de production de l’émission. Dans un premier temps, Jamie a servi de marionnette. Émission montée de toute pièce qui lui a servi de tremplin par la suite. Lignac est une autre marionnette issu du même projet commercial avec une « adaptation » à la française. De là, les mauvaises langues continueront à penser que le grand mince n’est qu’une pâle copie du petit débrouillard, le talent en moins. Ce qui n’est pas tout à fait faux.

Ce « grand » cuisinier ne cesse de remplir les étales de mon p’tit libraire et celui de la Fnac. Ces livres sont sans doute très soignés au niveau de la présentation (dont il n’y est pour rien) mais sans grand intérêt sur le fond ni d’une créativité débordante. Avec plus d’une quarantaine de livres à son actif, on pourrait penser que le jeune cuisinier français passe son temps à la rédaction. En réalité, Cyril s’attribue des livres pour lesquels il a préfacé ou annoté quelques astuces. Pour les autres, des pigistes (dont Sophie Brissaud) s’attèle à écrire les textes et les soumettre in fine à l’approbation du chef (source: Cuisiner en ligne). Peut-être est-ce l’inverse: les maisons d’édition produisent du contenu, recyclé, mis au goût du jour et l’emballe avec une touche de Lignac, excellent filon à la vente. Technique marketing très en vogue et à la limite de la malhonnêteté. Certes, il n’est question que de recettes mais l’absence de transparence évidente montre bien une forme de manipulation. C’est certain, c’est pas demain que j’achèterai un livre de lui ou un numéro de ‘son’ magazine.
Mais l’homme a d’autres tours dans sa manche. Boosté par les protéines Kiri, Lignac a le don d’ubiquité avec ses deux restaurants à Paris et un troisième au Maroc. Il trouve même le temps d’apporter sa petite touche personnelle (décidément c’est une manie) au cinéma d’animation ou pour une quelconque publicité. Pour être en haut de l’affiche, et s’en mettre plein les fouilles, il faut diversifier ses activités. Fini la période des chefs entêtés à rester au fourneau et prompt à saluer un client en salle. Désormais on parle d’image médiatique, de marketing à la grosse louche, de business. Ce n’est pas le premier à le faire et ça ne sera pas le dernier.
Tags : business, pub, surconsommation
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Le « potager de l’Europe »
10 janvier 2009
En voilà une expression ! Un potager est une partie de jardin réservée à la culture des légumes et de certains fruits
. Et pourtant, cette expression est utilisée pour désigner les productions de masse de la région d’Almeria en Espagne. Toute une partie du territoire mis sous plastique. Un paysage affligeant au nom de la productivité et du rendement. Paysage artificiel, mais aussi misère humaine. Les exploitants profitent de la main d’œuvre bon marché venue des pays pauvres. Et au nom de la demande (dont le leitmotiv est « tout le temps, beaucoup et pas cher »), l’Espagne sort de terre des tomates, concombres, haricots verts, courgettes, poivrons, melons nourris aux pesticides. Avec le temps, certaines substances sont jugées toxiques et interdites. Mais quid de leur consommation pour l’homme ? Difficile d’établir un lien vérifié et irréfutable de cause à effet.

Ce Frankenstein végétal est né grâce à un ensoleillement exceptionnel et un forage frénétique dans les nappes phréatiques. Les prélèvements d’eau intensifs épuisent les réserves et les conditions climatiques ne suffisent pas à combler le manque. La culture au pesticide porte préjudice à la qualité de l’eau et donc aggrave la composition des fruits et légumes. Paradoxalement, les normes européennes sont plus laxistes depuis septembre face à la tolérance des pesticides. Les contrôles pratiquement inexistants; moins de 1 % de la production totale en France. La seule arme efficace est la prise de conscience des consommateurs et la concrétisation par les actes. Préférez des produits de saison, de proximité et issus de culture biologique.
Tags : almeria, pesticide, potager, surconsommation
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Kim Gevaert aime les hamburgers
7 janvier 2009
Après la diffusion de l’émission Question à la Une consacrée à la publicité et les enfants, je viens de découvrir que la sprinteuse belge, Kim Gevart, a donné son image à la chaîne de fastfood Mac Donald’s. Tia Hellebaut et sa pub pour Pizza Hut largement diffusée, n’est donc pas un cas isolé. J’ai essayé d’en savoir plus sur le net mais les infos sont difficiles à dénicher. Pourtant, la marque affiche sans complexe son partenariat avec l’athlète.

Capture www.mcdo.be
D’après le reportage, un établissement scolaire est tombé dans le panneau en faisant venir la sportive afin de stimuler l’activité physique dans les écoles. Rien de dramatique en soi, sauf que l’animation « Classe en forme » est pilotée par le géant du hamburger. Une façon sournoise de la marque de s’immiscer là où elle est interdite et d’imprégner l’inconscient des petites têtes blondes, cible privilégiée des publicitaires.
Ce n’est pas la première fois qu’une marque tente de s’immiscer discrètement ou non. Toutes les techniques sont bonnes pour séduire et faire baisser la garde de la direction. Un distributeur de boissons installé dans une école est entièrement pris en charge (mise en place, entretien, approvisionnement) par la marque et l’école perçoit un forfait annuel. Et quand on connait la trésorerie des écoles de la communauté française, difficile de faire la moue sur une rentrée d’argent facile. Une autre technique est le recours à la pédagogie comme espace publicitaire. Tous les sujets sont prétextes pour un positionnement de la marque: petit-déjeuner équilibré (Nestlé), hygiène dentaire (Signal), sensibilisation à la propreté (Leclerc), bienfaits des laitages (Danone), etc.
Tout le corps enseignant, la direction et les parents d’élèves doivent être vigilants à l’égard de l’intrusion publicitaire. Le gouvernement doit également fournir les moyens nécessaires aux écoles, au risque de voir les marques s’en charger.
Tags : fastfood, mac do, surconsommation
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